Un test de navette entre Nice et Cap-d’Ail, une étude sur le métro commandée côté monégasque, un tracé cyclable encore à dessiner… Reçu par Menton-Presse, Gabriel Tomatis, député de la 4e circonscription, passe en revue les dossiers qui doivent désengorger la route de la Principauté.
Entre Menton, Roquebrune-Cap-Martin, La Turbie et Beausoleil, le sujet revient chaque rentrée avec les bouchons : comment aller travailler à Monaco sans y passer des heures ?
Pour Gabriel Tomatis, la réponse ne tient pas dans un seul projet. « Il n’y a pas de solution miracle. Métro, navette, parkings de dissuasion, bus : c’est tout un écosystème à développer. »
Une navette maritime bientôt testée entre Nice et Cap-d’Ail ?
Le dossier le plus avancé est aussi le plus ancien. « C’est un vieux serpent de mer » concède le député. Mais le changement de majorité à la tête de la Métropole de Nice, dont dépendent Villefranche et Cap-d’Ail, deux communes de sa circonscription, aurait « rebattu les cartes. »
« Nous avons entamé des discussions entre le président de la Métropole (Éric Ciotti), Monaco et le maire de Cap-d’Ail (Xavier Beck) sur l’idée de relancer la navette maritime, avec un test entre Nice et Cap-d’Ail. »
L’objectif est d’abord de lever un doute. « Cela permettra de savoir si cette navette est fiable 365 jours par an, pour un usage touristique ou pour les pendulaires. » Une liaison existe déjà entre le port de Vintimille et Monaco, à petite échelle et à destination des détenteurs de bateaux amarrés en Italie.
Le métro : une étude attendue « dans les prochains mois »
Sur le projet de liaison ferroviaire souterraine entre Nice, Monaco, Menton et Vintimille, le député confirme qu’une étude a été commandée par Philippe Ortelli (président de la Fédération des entreprises monégasques) et « devrait aboutir dans les prochains mois » sans calendrier précis.
Il plaide pour aller au moins jusque-là. « Nous avons aujourd’hui un alignement des planètes politiques qui fait que nous devons au moins aller au stade de l’étude. Dans les années 50, ceux qui ont tracé les autoroutes étaient visionnaires et cela avait un coût très important. Aujourd’hui, personne ne dit que l’autoroute n’a pas désenclavé un certain nombre de territoires. »
La bretelle de l’A8 a déplacé le problème
Ouverte pour soulager La Turbie, la bretelle autoroutière a tenu sa promesse sur une partie de la commune seulement. « J’ai rencontré il y a une semaine Valentin Lopez. Elle a permis de délester une grande partie du trafic. Néanmoins, sur l’autre partie de la commune, celle qui descend sur Beausoleil et sur Monaco, cela a engendré un problème de trafic. »

D’où l’insistance du député sur des moyens « complémentaires. » Il assure qu’Alexandra Masson, à la tête de la CARF, et les maires limitrophes de Monaco sont prêts à « relancer des études » en commun, « pour ne plus parler, côté français, d’un bloc à Monaco. » Un acteur manque encore selon lui. « Le dernier chaînon, le ministre des Transports. »
Le train, « derniers de la liste »
Le rail reste le point noir. « Nous avons une très mauvaise coordination avec la Région Sud et la SNCF. Vu depuis Marseille, nous sommes les derniers de la liste » lâche Gabriel Tomatis, qui cite la gare de Roquebrune-Cap-Martin, qui n’a « quasiment plus de service » et une communication « à la dernière minute » envers les usagers.
Un manque de considération qu’il dit avoir déjà observé « à l’époque des problèmes sur les lignes dans la Roya. »
Piste cyclable : un tracé encore à dessiner
Enfin, le tronçon manquant entre Roquebrune-Cap-Martin et Vintimille, financé à hauteur de deux millions d’euros par le programme européen EDU-MOB3 pour une ouverture espérée en 2028, n’a pas encore de tracé.

« Il devra faire l’objet de nombreuses consultations, puisque nous avons un littoral très contraint. Du côté italien, comme ils avaient pris cette ancienne ligne de chemin de fer, c’est plus facile » explique le parlementaire, qui juge « tous les acteurs plutôt partants » et espère des financements européens supplémentaires.
Avec une mise en garde à l’adresse de sa propre ville. « Il faut développer les moyens de mobilité douce, mais de manière intelligente » pour ne pas reproduire, dit-il, la piste cyclable de Garavan et du quai Bonaparte, « très mal pensée » et « faite à la va-vite par la précédente municipalité. »

