À 1 360 euros le mètre carré pour un appartement et 2 589 euros pour une maison, Breil-sur-Roya affiche les prix les plus bas de la CARF, selon MeilleursAgents. Mais près d’un logement sur deux n’est pas occupé à l’année. Le maire, Sébastien Olharan, confie dans Menton-Presse que ce que cherchent les familles n’existe presque pas sur le marché.
Sur le papier, c’est l’eldorado des primo-accédants de la Riviera. Un trois-pièces de 65 mètres carrés y vaut autour de 88 000 euros, soit le prix d’un studio à Menton.
Une maison de 100 mètres carrés se négocie autour de 260 000 euros. Dans la réalité, MeilleursAgents ne recensait que trois annonces de biens à vendre au 1er octobre.
Des appartements qui décrochent, des maisons qui montent
Tous biens confondus, le mètre carré breillois s’établit à 1 936 euros. Pour un appartement, la fourchette va de 544 à 2 720 euros selon l’immeuble, avec un indice de confiance de deux sur cinq, faute de transactions. Les maisons valent 90 % de plus, entre 1 036 et 5 178 euros, mais l’estimation ne repose que sur un indice d’un sur cinq, le plus faible possible.

Les deux marchés divergent. Les appartements ont perdu 9 % sur un an et près de 10 % sur deux ans. Sur dix ans, ils n’ont gagné que 5,5 %. Les maisons, elles, progressent de 7,2 % sur un an et de 44 % sur dix ans.
Logique, à en croire le maire. « Ce qui manque, ce sont les maisons individuelles avec jardin et les grands appartements pour les familles. » Et il reste très peu de terrain constructible. Le plan local d’urbanisme en cours de révision ne changera la donne qu’« à la marge. »
Un logement sur deux fermé à l’année
Sur 2 026 logements, 34,6 % sont des résidences secondaires et 11,7 % sont vacants. Seuls 53,7 % servent de résidence principale. Dans le centre historique, c’est pire.

« Il doit y avoir à peu près 500 logements, avec une vacance de l’ordre de 30 % » énumère Sébastien Olharan. « Et ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas vacants qu’ils sont vraiment occupés. Certains sont considérés comme des résidences secondaires, personne n’y est jamais, ça tombe en ruine. »
Le bâti ancien n’aide pas. Ruelles étroites, vis-à-vis, pièces cloisonnées. « Souvent, on cherche des grands volumes » résume l’édile. Sans compter les mouvements de terrain, qui condamnent une dizaine d’immeubles à la démolition.
Ce que fait la commune
Faute de pouvoir construire, Breil rachète. Rue de Turin, un immeuble en ruine doit donner six logements, plus deux adossés à des résidences d’artistes. Dans le quartier Saint-Pierre, deux anciens bâtiments SNCF en fourniront neuf.

Les loyers seront plafonnés, condition nécessaire pour bénéficier des aides de la Région. Travaux espérés dès 2027, si les subventions arrivent d’ici la fin de l’année. En parallèle, Habitat 06 prévoit six logements sociaux dans l’ancien immeuble des douanes, dans une commune qui n’en compte que 3,4 %.

