Depuis un incident sur les voies survenu le 9 juillet, la desserte ferroviaire de Roquebrune-Cap-Martin est amputée. De quoi remettre sur la table le projet de métro entre Nice, Monaco et Vintimille que porte Alexandra Masson, maire de Menton et présidente de la Communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF).
Des milliers d’usagers pris au piège. Depuis cet incident, sur la ligne entre Monaco et Roquebrune-Cap-Martin, la SNCF a engagé des réparations qui doivent durer jusqu’en octobre.
Le temps des travaux, la note est salée pour les voyageurs. Les gares de la commune et de Carnolès ne comptent plus que seize arrêts par jour, dans les deux sens, contre plus de soixante habituellement. Soit près de trois arrêts sur quatre supprimés.
Vers une navette gratuite en attendant ?
Pour ceux qui n’ont pas d’autre solution – ils sont nombreux à rejoindre Monaco chaque matin –, il faut désormais pousser jusqu’à Menton, puis revenir.
Lors du conseil communautaire du 30 juillet, le maire de Roquebrune-Cap-Martin, Patrick Cesari, a lancé l’alerte. Deux pistes sont sur la table. Obtenir de la SNCF une navette gratuite, ou au moins la gratuité des transports de substitution, pour les détenteurs d’un billet.
Si l’opérateur refuse, l’agglomération dit prête à prendre le relais. « Ce serait notre devoir » estime Alexandra Masson, qui envisage une navette Zest financée par la CARF. « C’est un intérêt communautaire » plaide la présidente, pour tous les frontaliers qui travaillent notamment à Monaco.
Monégasques et Italiens convaincus ?
Mais l’élue voit plus loin que le dépannage. Pour elle, ces coupures à répétition sonnent comme une confirmation. La ligne Vintimille-Nice, exposée aux éboulements et aux ruptures, ne tiendra pas la promesse d’un train toutes les six minutes.

« On ne va pas s’en passer, mais sur ce tronçon, seul, cela ne suffira jamais » tranche-t-elle. Son alternative ? Elle la martèle depuis son élection comme députée en 2022, à savoir « un métro reliant Nice, Monaco, Menton et Vintimille. »
L’argument est avant tout géographique. À Menton comme à Roquebrune, impossible de créer l’immense parking-relais qu’exige un tel réseau. À Vintimille, la plaine de la Roya offre l’espace qui manque côté français. Restée seule à porter le dossier au départ, la présidente assure avoir peu à peu « rallié Monégasques puis Italiens. »
Un projet pour « les générations d’après »
Le chantier serait long, « au moins huit ans sur le papier », et coûteux. Mais Alexandra Masson espère aller « au bout des études de faisabilité », qui seraient menées par les trois États.
Reste l’incertitude politique. Interrogée sur un éventuel changement de gouvernement en 2027, la présidente ne promet rien. « Personne ne peut garantir un tel ouvrage. » Elle espère surtout un ministre des Transports moins « ultra-ferroviaire. »
« Les grands ouvrages, on ne les fait pas pour son mandat, on les fait pour les générations qui arrivent » glisse-t-elle, rappelant que sans ponts ni chemins de fer, « Menton n’aurait jamais vu ses palaces ni ses touristes. »

