Laurent Lanquar-Castiel, secrétaire départemental des Écologistes, accuse la Riviera française d’être la « championne de France du surtourisme », au détriment de l’eau, de la mer et des habitants. Il s’appuie sur un classement qui range Menton, Beausoleil et Roquebrune parmi les communes les plus sous pression du pays.
« On ne pense pas aux habitants. » Laurent Lanquar-Castiel ne mâche pas ses mots dans Menton-Presse. Pour l’ancien candidat aux municipales, aujourd’hui secrétaire départemental des Écologistes des Alpes-Maritimes, la côte court à sa perte, victime d’un tourisme de masse « punitif pour l’eau et la pollution. »
Son réquisitoire s’appuie sur le « surTouriscore », un indicateur publié par le site privé metri.city, qui note la pression touristique des communes. Le verdict, tel qu’il le lit, est sévère. Beausoleil, Menton et Roquebrune-Cap-Martin figureraient parmi les quatre plus mauvais élèves de France, ce qui ferait de la Riviera française « l’agglomération la moins bien notée » du pays. Menton, elle, serait passée de la note D à E en un an.
« Qui paye le prix du surtourisme ? C’est la population locale »
Derrière ce baromètre, il pointe une addition pour les habitants. « Qui paye le prix du surtourisme ? C’est la population locale » martèle-t-il, celle qui subit selon lui les restrictions d’usage et la hausse des coûts de gestion des déchets et de l’assainissement.

À l’appui, il cite une étude de l’Ademe de 2023. Un touriste consommerait 1,5 à 3 fois plus d’eau qu’un résident. Dans la cité du citron, la consommation grimperait de 150 litres par jour et par personne en basse saison à 350 en pleine saison. Un vacancier produirait aussi deux fois plus de déchets qu’un habitant.
Premières victimes, selon lui, « la mer et la qualité de l’eau. » Il affirme avoir photographié cette semaine « une pollution marine dans la baie de Menton. »
Le slowtourisme comme alternative
Laurent Lanquar-Castiel vise également « la majorité de droite qui gouverne le département comme la ville. » Il reproche surtout à Alexandra Masson de miser sur les croisières, un tourisme qu’il juge « économiquement inefficace et écologiquement destructeur », quand la municipalité, elle, en fait un atout de sa future attractivité.
Le responsable écologiste se défend pour autant de tout catastrophisme et prône une « écologie des solutions. » Plutôt que « d’engraisser le surtourisme », il plaide pour un « slowtourisme » de qualité, inspiré du slowfood du Piémont voisin : « Labellisation écoresponsable, réserves naturelles, artisanat local, circuits pédestres, cyclotourisme et rénovation thermique des hébergements. »

