Repris il y a quatre ans puis entièrement rénové, l’Hôtel de Londres affiche un taux de remplissage de 99 % sur l’année. Derrière sa façade Belle Époque, à quelques pas de la plage, son gérant, Romain Terrible, a fait le pari d’un établissement ouvert sur la ville, avec un bar accessible à tous et des soirées confiées à des restaurateurs du coin.
À Menton, certains hôtels misent sur la vue, d’autres sur le calme. Celui-ci a choisi la plage. Elle est à quelques dizaines de mètres, ce qui a donné des idées : paddles, bouées et masques sont mis à la disposition des clients. « Il est un peu de notre devoir de le transformer en hôtel de plage sur la période estivale » résume Romain Terrible dans Menton-Presse.
Depuis sa rénovation, les améliorations n’ont pas cessé, dans la décoration des parties communes comme dans les couloirs ou les accessoires des chambres. « On continue de faire du plus » glisse le gérant, au point de ne plus toujours savoir dater les nouveautés.
Un bar ouvert aux locaux et des soirées restauration
C’est peut-être là que l’adresse se distingue le plus. Son bar extérieur, ouvert sept jours sur sept de 16 heures à 22 heures, accueille aussi bien les clients que ceux qui poussent la grille pour un verre. « On est un des seuls établissements à communiquer vraiment dans ce sens. »
Avec une limite claire, toutefois. « On n’est pas un bar de nuit. On se doit d’avoir une forme de discrétion et de sérénité pour notre clientèle. » D’où une fermeture tôt, et un positionnement d’apéritif plus que de soirée. Sur place, des transats, un terrain de pétanque, des salades et des bocaux à tartiner à prix mesurés.

La nouveauté de cette saison tient en quatre noms. De juin à septembre, un restaurateur local vient cuisiner deux vendredis par mois. Edwige Coffee, installé dans la vieille ville, a ouvert le bal autour du bagel.
Juillet est confié à Mangiami, du côté du marché, pour des sandwichs travaillés comme des tapas. En août, ce sera KOKO, deux jeunes femmes installées depuis peu au marché des Halles, dont la carte change au gré des arrivages. Septembre reviendra au food truck du Petit Camion Vert, basé à Roquebrune-Cap-Martin.
Le choix du vendredi n’est pas anodin. « L’idée, ce n’est pas d’être en concurrence pleine balle avec nos amis restaurateurs, avec qui on travaille toute l’année » précise le gérant, qui dit chercher des adresses fermées le soir, pour qui ces dates représentent un chiffre d’affaires supplémentaire.
Une ancienne aile de palace, où le nom raconte une histoire
La bâtisse, elle, a un passé. De style Belle Époque et à la façade protégée, elle fut une dépendance de l’Astoria, l’un des dix-sept anciens palaces mentonnais aujourd’hui reconvertis en résidences.

Le nom viendrait de là. Selon le gérant, c’est la cour anglaise qui logeait ici quand la souveraine séjournait dans la cité du citron, à l’époque où la ville accueillait chaque hiver les têtes couronnées d’Europe. La Ville de Menton indique pour sa part que la reine Victoria, lors de son séjour de mars et avril 1882, était descendue au chalet des Rosiers, à Garavan.
L’établissement fut ensuite pension de famille, puis maison de maître, avant de redevenir hôtel. La maison revendique aussi les séjours de Friedrich Nietzsche et du jeune Robert Louis Stevenson, venus l’un et l’autre chercher la douceur mentonnaise à la fin du XIXe siècle.
99 % de remplissage et un agrandissement impossible
Côté chiffres, l’adresse tourne à plein. Vingt-sept chambres à l’origine, vingt-huit depuis la rénovation, une ayant été gagnée au rez-de-chaussée. Et un taux d’occupation annoncé à 99 % sur l’année. « On est tout le temps plein » confirme Romain Terrible, qui note une fidélité croissante.

Seuls quelques jours de janvier ont marqué le pas cette année, après des chutes de neige dans l’arrière-pays qui ont provoqué des annulations. « Mais depuis la Fête du Citron, on envoie pleine balle » sourit-il, en prévoyant déjà une nouvelle année record.
Reste que la marge de progression est mince. « On est au bout du bout » reconnaît le gérant. Impossible de surélever le toit ni de grappiller des mètres carrés au rez-de-chaussée. Son seul espoir tient à une bâtisse voisine, qui permettrait d’aménager quelques chambres avec kitchenette. À condition, un jour, de pouvoir l’acquérir.

