Quatre places assises et une carte qui change deux fois par semaine. Au cœur des Halles, Camille Bourdarias et Rosanna Petit ont ouvert KOKO, une cantine à l’espagnole où l’on déguste ce que les producteurs voisins ont vendu le matin même.
Dans les grandes halles de Madrid ou de Barcelone, on achète son jambon et on le mange debout, au comptoir d’à côté. À Menton, jusqu’à cet été, rien de tel n’était présenté.
Le marché des Halles se visitait le panier à la main, sans jamais s’y attabler. C’est ce vide que Camille Bourdarias et Rosanna Petit ont décidé de combler.
L’une a sa famille à Menton, l’autre a grandi à Paris et passait ses vacances dans le coin. Toutes deux fréquentaient l’endroit en clientes avant d’y poser leurs couteaux. « Ça fait longtemps qu’on voulait ouvrir quelque chose » racontent-elles. Le choix des Halles s’est rapidement imposé. « Ce n’est pas trop cher, c’est vivant, il y a du monde, ça bouge. »
Le format, lui, tient du défi : quatre tabourets et un lieu couvert où l’on ne s’attarde pas d’ordinaire. Les deux associées en ont fait une force. « C’est petit, mais c’est style espagnol » résument-elles. On commande, on s’assoit, on repart.
Une carte qui change deux fois par semaine
La journée se découpe en trois temps. Le matin, viennoiseries et cakes accompagnent le café. Vers 10h30, les sandwichs maison prennent le relais, pâte comprise : « Tout est maison, même la pâte. On fait vraiment attention. » À 11h30, place à la formule déjeuner, entrée et plat ou l’un des deux seulement.

Surtout, le menu ne s’installe jamais. « Deux fois par semaine, on change tout » expliquent les cogérantes, pour que les vacanciers puissent revenir tous les deux ou trois jours sans manger la même chose, et pour que les habitués découvrent chaque semaine un nouveau visage de la cuisine.
Le jour de notre passage ? Un gaspacho de tomate accompagné d’une déclinaison de ratatouille, une fleur de courgette farcie à la ricotta et au guanciale relevée d’un zeste de citron et d’une huile de persil.
Puis un espadon de ligne pêché à Menton, simplement snacké, servi avec un ajo blanco (sauce andalouse au pain, à l’amande et à l’ail), un coulis de blettes, des pommes de terre délicatesse et une salade de fenouil et de roquette.
Le marché dans l’assiette
Le sourcing tient en quelques mètres. Les légumes viennent de Gilles, l’étal d’en face, ou des Jardins de Lahna. « On va travailler au maximum avec les producteurs d’ici. »
Le lait des lattés et cafés glacés arrive d’une ferme de Saint-Antonin, dans l’arrière-pays niçois. Le café est celui d’Anthony, un Mentonnais qui a lancé son affaire en même temps qu’elles et fait torréfier à Toulouse un assemblage éthiopien et hondurien, 100 % arabica.

Au déjeuner, la carte des vins ne propose que du nature, venu de toute la France. « Tout est pensé juste pour que le client, il puisse avoir tous les produits sourcés localement et de bonne qualité » résument les deux femmes.
Avec une limite qu’elles se fixent. « On veut que ça soit de bonne qualité et pas non plus très cher. » La formule entrée-plat est affichée à 18,50 euros, le plat seul entre 10 et 14 euros.
Quatre places, beaucoup de bises
Si les touristes sont là en été, la clientèle du matin est d’abord mentonnaise. « Franchement, on a pas mal de locaux » se réjouissent-elles. Des habitués de tout âge viennent prendre leur café au comptoir.
« Comme c’est petit, généralement, les gens, il y a une proximité. Ils vont se parler. » Au point que des inconnus « finissent tout le temps par se taper la bise. »
En deux mois, les cogérantes disent avoir déjà collecté « des belles histoires » sur ces quatre tabourets. « C’est vraiment ce genre de lieu que nous voulions créer. »
En savoir +
- KOKO
- Marché des Halles de Menton, Quai de Monleon, 06500 Menton
- Téléphone : 06 87 12 67 38
- Horaires : du mardi au dimanche (7h-14h)

