Plusieurs affaires s’étaient succédé entre ces murs avant leur arrivée. Un an après son ouverture, Kao Bistrothai affiche pourtant complet, porté par une cuisine thaïlandaise faite maison et par un couple qui a tout retapé de ses mains.
L’avertissement, ils l’ont entendu dès les premiers jours. « On nous a dit : attention, cet endroit, c’est un peu un endroit maudit » se souvient Dila Simbsler, qui tient l’établissement avec son mari, Paul, récemment élu président de la branche restauration de l’UMIH Menton Roya & Merveilles.
Trois enseignes avaient tiré le rideau coup sur coup. Un an plus tard, le pari est gagné. Dès le premier mois, l’adresse fait le plein.
Quatorze locaux visités et quarante-sept jours de travaux
Rien n’était pourtant écrit. Elle, cambodgienne et thaïlandaise, a fait carrière dans l’hôtellerie de luxe en Asie avant de rejoindre la France.
Lui, ingénieur de formation, s’est pris de passion pour la cuisine asiatique au fil des séjours dans la famille de son épouse. « Nos amis nous disaient qu’il fallait ouvrir un restaurant asiatique ici » confie-t-elle dans Menton-Presse.

Le couple cherche d’abord du côté de Roquebrune-Cap-Martin, sans succès, faute de locaux aux normes. Quatorze visites plus tard, ce sera Menton et un espace bien plus grand que le petit traiteur imaginé au départ.
Suivront quarante-sept jours de travaux, menés par leurs soins, avec l’aide de la décoratrice mentonnaise Amandine, de Holos Höme, pour un décor sobre où quelques objets rapportés d’Asie apportent la touche finale. « Les gens passaient, curieux, et demandaient ce que ça allait être » sourit Paul.
Des nems de grand-mère et un pho devenu viral
Dans l’assiette, la ligne est claire : thaïlandais, et rien d’autre. Pas de sushis, pas de carte à rallonge. « On ne voulait surtout pas faire un restaurant asiatique global » insiste-t-ils, leur petite fille sur les genoux.

On y retrouve les grands classiques (pad thaï, sauté au basilic, tigre qui pleure) préparés à partir de produits frais, avec une carte courte, renouvelée trois à quatre fois par an au gré des saisons.
Une exception, tout de même : les nems, vietnamiens, hérités de la grand-mère de Dila. Faits maison, jamais congelés, ils sont devenus un incontournable de la carte.
« C’est notre deuxième chez nous »
Autre succès, plus inattendu. En testant un jour un phô hors carte, le plat s’est retrouvé photographié par des voyageurs. Publiée sur un réseau social très suivi en Asie, l’image a fait le tour. Depuis, des clients débarquent chaque midi, téléphone à la main, pour commander le fameux bouillon.

Reste ce qui, selon eux, fait la différence. « Si vous arrivez, vous trouverez toujours soit moi, soit Paul » résume la gérante. En cuisine, l’équipe est thaïlandaise, à l’exception de Marie, italienne, qui accueille en salle. Un accent bien utile pour la clientèle transalpine.
Côté addition, comptez 29 euros la formule déjeuner et de 30 à 35 euros à la carte, pour des portions généreuses. Une adresse portée, d’abord et avant tout, par les habitués. « Ce sont les Mentonnais et les gens de Roquebrune qui font le plus pour nous », insiste Dila Simbsler.
En savoir +
- Kao Bistrothai
- 16 Rue de la République, 06500 Menton
- Horaires : midi et soir, fermé le mercredi et dimanche
- Prix : 30-35 euros
- Téléphone : 04 93 01 34 63

