À seulement dix kilomètres des plages de Menton, Sainte-Agnès culmine à 760 mètres au-dessus de la Méditerranée et revendique le titre de plus haut village littoral d’Europe. Un belvédère qui garde, sous ses ruelles pavées, bien plus que sa vue.
Une route sinueuse, la mer en toile de fond et la délivrance, enfin. Quand on pose le pied à Sainte-Agnès, on comprend mieux son surnom, celui de balcon de la Côte d’Azur.
Avec Gorbio et Castellar, la commune complète la ligne des perchés qui dominent la baie de Menton. Dix kilomètres seulement séparent la plage de ses premières allées.
Un château sur son pic rocheux
Celles-ci sont pavées de galets et coupées de passages voûtés. Les maisons de pierre, dont certaines remontent au XVe siècle, s’accrochent au versant et ont pesé dans son classement parmi les « Plus beaux villages de France. »

Au-dessus des toits, les vestiges du château-fort tiennent le sommet. L’édifice date du XIIe siècle et surveillait la baie, position qui en fit longtemps un verrou difficile à prendre.
Derrière les remparts s’étend un jardin médiéval, remis en état par l’association des Peintres du Soleil. On y trouve un espace des vertus, du goût et des odeurs, ainsi qu’une Fontaine de vie.
Quatre cents hommes sous la roche
À quelques pas, l’autre curiosité n’a plus rien de médiéval. Le fort de Sainte-Agnès, bastion sud de la Ligne Maginot, a été creusé dans la falaise dans les années 1930.

L’ouvrage compte un bloc d’entrée, deux blocs d’artillerie, deux blocs d’infanterie et un bloc d’observation, répartis sur 2 000 m² de galeries. Il pouvait abriter entre 300 et 400 hommes en autarcie pendant trois mois.
Sa mission, pendant la Seconde Guerre mondiale, était de défendre la région face à l’armée italienne. Il se visite aujourd’hui, transformé en musée.
Deux lustres venus de la cathédrale de Monaco
L’église Notre-Dame-des-Neiges, reconnaissable à ses tuiles vernissées en écailles, a été reconstruite au XVIe siècle. Elle abrite un tabernacle en bois doré, une statue de sainte Agnès et des tableaux anonymes attribués à l’école de peinture de Menton.

Deux de ses lustres proviennent de la cathédrale de Monaco, offerts par le prince Rainier III et la princesse Grace.
À l’entrée, la chapelle Saint-Sébastien porte la trace d’une inquiétude plus ancienne. Les Agnésois l’élèvent en 1610 en s’en remettant au saint invoqué contre la peste et les épidémies.
Deux heures de descente jusqu’à Menton
Le chemin de Sainte-Agnès rejoint la ville par le col de Garde en deux heures de marche. C’était la voie qu’empruntaient les habitants pour descendre au marché, praticable à pied comme à dos d’âne.

Depuis Saint-Sébastien, d’autres itinéraires grimpent vers le pic du Baudon (1 264 m), le mont Méras (1 243 m), le mont Ours (1 239 m) et la pointe Siricocca (1 051 m). Le GR51 passe également par là.
La légende, elle, ramène tout à un orage. Agnès, princesse romaine convertie au christianisme, se serait abritée dans une grotte du versant avant d’élever une chapelle à sa sainte patronne. Mille ans plus tard, on y monte toujours. Mais pour la vue, cette fois.

