Pour la deuxième fois en l’espace de quelques jours, la baignade a été interdite mardi 25 août sur l’ensemble des plages de Menton, après de nouvelles intempéries. En arrière-plan, une question qui agite la ville depuis le printemps : celle de la qualité de ses eaux.
L’annonce est tombée ce mardi matin sur les réseaux sociaux de la municipalité. « Suite aux dernières intempéries, la baignade est interdite sur l’ensemble des plages de Menton », indique la Ville, qui précise attendre « dans la journée » les résultats d’analyse de la qualité de l’eau de mer.
Pourquoi la pluie ferme les plages
L’épisode n’a rien d’inédit. Il intervient cinq jours seulement après une première fermeture, consécutive aux violents orages des 20 et 21 août. Le littoral avait alors été interdit à la baignade et plusieurs sites étaient restés fermés une partie du week-end, le temps d’obtenir de nouveaux résultats.
Le scénario se répète parce qu’il tient à un même mécanisme. De fortes précipitations chargent les eaux de ruissellement et peuvent saturer les infrastructures d’assainissement, avec à la clé un risque de dégradation bactériologique de l’eau de mer. En cause, la présence d’Escherichia coli et d’entérocoques intestinaux, marqueurs d’une contamination d’origine fécale.
Face à ce risque, la règle est la même partout sur le littoral. On ferme d’abord, on analyse ensuite. Les prélèvements sont réalisés dans la foulée, et l’interdiction est levée dès que les résultats reviennent conformes.
« Le Pavillon Bleu ? On l’avait, on l’a perdu »
La question ne date pas de ces intempéries. Le 30 juin dernier, le conseil municipal avait validé le dépôt de la candidature de Menton au label Pavillon Bleu.
Présenté par Claude Calvin, adjoint à l’environnement et à la transition écologique, le dossier porte sur un écolabel international décerné chaque année aux plages et ports de plaisance, qui repose sur quatre familles de critères : la qualité de l’eau, l’éducation à l’environnement, la gestion environnementale, ainsi que la sécurité et les services.

L’aveu était alors venu de la maire elle-même. « Le Pavillon Bleu, on l’avait, on l’a perdu. C’est bien dommage » avait réagi Alexandra Masson, avant d’afficher son ambition. « On va tout faire pour le regagner. » Un enjeu qu’elle juge « très important, surtout en matière d’attractivité touristique », mais aussi pour les Mentonnais eux-mêmes.
L’élu avait par ailleurs rappelé que le littoral mentonnais s’inscrit dans le sanctuaire Pelagos, une aire marine protégée dédiée aux mammifères marins de Méditerranée, ce qui engage la commune à des obligations de protection du milieu et de sensibilisation des usagers.
Des classements qui ne disent pas tous la même chose
Reste la question de fond : la qualité de l’eau mentonnaise est-elle bonne ? Tout dépend de qui la mesure. Selon les critères européens repris par l’Agence régionale de santé, les zones de Menton affichent des résultats solides, entre « bonne » et « excellente » qualité.
L’association Eau et Rivières de Bretagne, qui a publié à la mi-mai la troisième édition de son baromètre « La Belle Plage », se montre nettement plus sévère : aucune plage mentonnaise n’y décroche la mention « recommandé » en 2026, de Garavan au Borrigo.
L’écart tient à la méthode. L’association s’appuie sur les mêmes données de l’ARS, mais sur quatre années glissantes et sans écarter les épisodes ponctuels de pollution. Un site n’y est « recommandé » qu’à partir de 95 % de bons prélèvements et zéro mauvais. Le Fossan y progresse nettement, de 69 % à 76 % de bonnes analyses en un an, quand la plage du Gorbio, à l’ouest de la ville et interdite à la baignade ces dernières saisons, ferme la marche avec 65 %.
Quant au Pavillon Bleu, il distingue cette année 37 sites dans les Alpes-Maritimes, mais très majoritairement à Antibes, Cannes et Nice. À l’est de la baie des Anges, le seul récompensé est le port de plaisance de Cap-d’Ail.

