Municipales 2026 – À Menton, entre l’union surprise de Sandra Paire avec Louis Sarkozy, la percée en tête d’Alexandra Masson et le maintien critiqué de Florent Champion, les habitants oscillent entre « barrage anti-RN » et envie de vrai renouveau. Menton-Presse est allé à votre rencontre juste avant le second tour.
VOTRE AVIS SUR L’ACTU – Sur l’esplanade des Sablettes, le débat s’est invité dans (presque) toutes les conversations en ce mercredi matin. Annie, Sophie, Jacqueline, Gérard et Adnane ont répondu à nos questions, après un bain matinal dans la Méditerranée.
Le petit groupe de « givrés », comme ils se caractérisent affectueusement, ne cache pas sa perplexité devant l’alliance Paire-Sarkozy. Deux prétendants à la mairie, tous deux de droite mais rivaux jusqu’alors.
« C’est le mariage de la carpe et du lapin » lâche l’un d’eux, reprenant la formule récemment adoptée par la la députée et candidate RN Alexandra Masson. « Ils se sont critiqués pendant des semaines et maintenant ils s’allient… c’est bizarre » glisse une autre.
Pour autant, certains y voient un passage obligé. « C’est le moins pire » résume Annie. « L’essentiel, c’est de barrer la route au Rassemblement national. »
Mais l’adhésion reste fragile. « Nous, on a voté Sandra Paire au premier tour… Mais là, avec Sarkozy, ça reste un peu en travers » confie Jacqueline. Tous s’accordent sur un point. « L’alliance entre Sandra Paire et Florent Champion aurait été plus logique, ou au moins les trois ensemble. » Le deuxième expliquait dans Menton-Presse hier pourquoi il a refusé.

« On ne veut pas que Menton change d’âme »
Mais au-delà des alliances et des calculs politiques, ce sont surtout des préoccupations concrètes qui reviennent dans les discussions. « Le bétonnage, la taxe foncière, la gestion de l’argent… il y a beaucoup de choses à remettre à plat » insiste Gérard.
Et surtout, une inquiétude, qui revient dans toutes les bouches. Celle de voir Menton perdre son identité. « On veut que ça reste une ville avec une âme. Pas devenir Monaco, ou une ville bling-bling » tranche Sophie.
Le profil de Louis Sarkozy cristallise d’ailleurs les réserves. « Il arrive des États-Unis, il parle de grands projets… mais nous, on veut quelque chose de simple, proche des gens. » Un peu plus loin, Jean-Pierre, ancien chef d’entreprise, pose un regard désabusé sur la situation.

« Ça fait cinquante ans qu’on vote et au final… rien ne change vraiment » souffle-t-il. Sans forcément adhérer totalement, il comprend la montée du RN. « À un moment donné, les gens veulent essayer autre chose. »
Sur une élection municipale, l’étiquette compte moins selon lui. « Ce qui importe vraiment, c’est la gestion. Une ville, ça doit être géré comme une entreprise. »
Même opinion chez Catherine, qui voit dans ce scrutin une forme de tournant. « Avec tout ce qui s’est passé ces dernières années (les affaires judiciaires à répétition à l’Hôtel de Ville, NDLR), il faut du renouveau » estime-t-elle.
« J’aurais pu voter Paire… mais pas avec Sarkozy »
Sans se prononcer avec certitude sur l’issue, son choix devrait se porter sur Alexandra Masson. Sans crainte de la fusion entre Sandra Paire et Louis Sarkozy. « Je ne suis pas sûre que les voix se reportent aussi facilement. Les Mentonnais ne sont pas dupes. »
Chez les plus jeunes, le regard est plus tranché. Hugo, 27 ans, travaille dans le commerce et suit la campagne de près.
« Moi, j’aurais pu voter Sandra Paire, franchement. Elle est d’ici, elle connaît la ville, comme Florent Champion. » Mais l’alliance avec Louis Sarkozy change la donne. « Sarkozy, ça me bloque. On a l’impression qu’il est parachuté. Du coup, je comprends le choix de Champion de rester. »
À l’inverse, Clara, étudiante, assume clairement son choix. « Moi, je vais voter Alexandra Masson. Je l’ai vue sur le terrain, elle parle aux jeunes, elle écoute. » Elle voit dans sa candidature une rupture. « Malgré tout ce que l’on entend, on sent qu’elle n’est pas dans les calculs politiques. Contrairement aux autres. »
L’alliance Paire-Sarkozy la conforte même dans son choix. « Franchement, ça fait un peu arrangement entre eux. Ça donne encore plus envie de voter… autrement. »

