Deux programmes hôteliers censés doper l’attractivité de la ville patinent depuis des années. Interrogée lors du dernier conseil municipal, la maire de Menton, Alexandra Masson, affiche une ligne offensive pour débloquer ces deux réalisations d’envergure.
Deux chantiers à l’arrêt, une même impatience. Les projets de l’hôtel des Arcades et du 5 étoiles de Garavan s’enlisent et la question a resurgi lors du dernier conseil municipal.
C’est Louis Sarkozy, chef de file du groupe d’opposition « Renouveau pour Menton », qui remet le sujet sur la table. L’élu réclame un point d’étape sur ces deux dossiers « structurants pour l’attractivité et l’image de la ville » toujours en attente d’aboutissement.
Ces deux sujets, qui ont largement nourri les débats de la dernière campagne municipale, partagent la même impasse. Appuyée par ses avocats et par les études géotechniques du service urbanisme, la municipalité s’oriente vers la caducité des permis de construire pour reprendre la main sur les sites.
À Garavan, le permis déjà déclaré caduc
Sur le 5 étoiles, après avoir reçu le promoteur il y a plus de deux mois pour le sommer de relancer la construction, la mairie lui a adressé, trois semaines plus tard, un courrier actant la caducité de son document. « On est entré dans un bras de fer juridique » résume Alexandra Masson.
L’objectif ? Annuler l’autorisation et récupérer le bâtiment. L’édile balaie d’ailleurs le dernier argument du promoteur, celui de l’expertise, rendue définitivement autour de fin mars et censée permettre la reprise des travaux avec l’accord de toutes les entreprises.

Reste, de son propre aveu, l’hypothèse d’un porteur de projet qui n’aurait plus les moyens de poursuivre. Elle se dit malgré tout déterminée à faire bouger le dossier « relativement rapidement. »
La Ville assure pourtant avoir tenté la voie amiable, jusqu’à proposer au promoteur de céder la main à un tiers. Car des repreneurs seraient prêts à relancer l’établissement. « On peut rouvrir cet hôtel, et il faut le rouvrir » martèle-t-elle.
Aux Arcades, la même menace de caducité
Le dossier voisin suit une trajectoire comparable. Là aussi, les fonds n’arriveraient pas assez régulièrement pour faire avancer les travaux. Et là encore, la mairie a multiplié les courriers, jugeant le chantier trop modeste et menaçant, à son tour, de faire tomber le permis.
Pour la municipalité, deux issues se dessinent. Une reprise par un tiers ou, à défaut, un futur programme public. « C’est une opportunité sur laquelle on réfléchit. » En attendant, les deux bâtisses restent closes. Le bras de fer, prévient Alexandra Masson, s’annonce « très, très lent. »

