Les caméras de la ville vont bientôt sanctionner automatiquement certains comportements au volant. Mais la municipalité promet de viser d’abord le stationnement gênant et de ne pas dégainer à tout-va.
La mère qui se met en double file deux minutes pour déposer ses enfants à l’école. L’infirmière qui se gare à la hâte pour rejoindre un patient. À Menton, beaucoup redoutent de devenir les cibles de la vidéoverbalisation. La mairie veut les rassurer.
Voté mardi 30 juin lors du conseil municipal, le dispositif permettra de verbaliser à distance, depuis le réseau de vidéoprotection déjà déployé en ville. L’argument de la majorité ? Un coût quasi nul, puisque le matériel existe. Le lancement, lui, attend encore le feu vert de la préfecture.
Le stationnement d’abord, la vitesse plus tard
Sur le papier, la liste des infractions « verbalisables » donne le vertige. Sens interdit, feu rouge, ceinture, téléphone au volant…
Mais la priorité, martèle la municipalité, reste le stationnement gênant en double file, les camions qui obstruent la chaussée ou encore les véhicules ventouses.
La vitesse ? Pas de radar déguisé pour l’instant. Faute de mesurer les kilomètres-heure au plus juste, la commune compte s’appuyer sur la notion de « vitesse excessive eu égard aux circonstances » glisse Christophe Vignau, délégué à la sécurité, pour épingler la moto qui traverse la ville à toute allure.
« Un jugement humain derrière la caméra »
« Il y a systématiquement un jugement humain derrière la caméra » insiste Alexandra Masson. Un agent, assure la maire, saura « distinguer l’automobiliste arrêté deux minutes pour récupérer quelqu’un de celui garé là depuis une heure.»

De quoi désamorcer les craintes de l’opposition. Louis Sarkozy (Renouveau mentonnais) redoute un « petit autoritarisme du quotidien » frappant parents et soignants.
« Tout dépendra de l’emplacement des caméras : devant une école, on verbalise le parent alors que sur un axe rapide, on lit l’excès de vitesse. »
Des cartes gratuites pour les soignants
Des cartes de stationnement gratuites pour les médecins, infirmières et aidants à domicile vont également être déployées.
« C’était un engagement de campagne » tient à rappeler Alexandra Masson, qui y voit le prolongement de sa volonté de garder les personnes âgées chez elles le plus longtemps possible.
Demeure la question des moyens, soulevée avec insistance. Florent Champion (Menton en action) et Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) mettent en doute la capacité à tenir une surveillance continue.
Un faux procès, pour Christophe Vignau. « Les 141 caméras de la ville sont actives, les agents déjà en poste seront simplement formés, sans aucun coût supplémentaire, ni un seul policier retiré du terrain. »

