Perché à 2 130 mètres sur la commune de Tende, le refuge des Merveilles s’apprête à changer de visage. La Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), propriétaire du lieu, engage une rénovation complète chiffrée à 3,5 millions d’euros. Le chantier doit démarrer à l’été 2027.
Le saviez-vous ? Bâtisse de pierre édifiée en 1913, le refuge servait alors à héberger les ouvriers du barrage du lac. C’est durant la Seconde Guerre mondiale que les soldats italiens en font une caserne, avant qu’il ne revienne au Club alpin français en 1949, dans le cadre des accords frontaliers qui suivent la défaite du bloc germano-italien.
S’ajoutent ensuite deux agrandissements, en 1970 puis en 2000, dans le prolongement du bâti d’origine. Résultat ? Un assemblage de trois volumes d’époques différentes, dont l’aspect tranche avec le paysage qui l’entoure.
Car le site n’est pas ordinaire. L’établissement se dresse à l’entrée de la vallée des Merveilles, secteur classé où près de 100 000 gravures rupestres, pour beaucoup datées du Néolithique et de l’âge du Bronze, ont été recensées autour du mont Bégo.
Même volume, mêmes places, meilleur usage
« La première contrainte était d’augmenter la fonctionnalité tout en restant à volumétrie équivalente, afin de respecter les prescriptions liées au site classé » explique Baptiste André, conducteur d’opérations à la FFCAM, cité par la fédération. « Il faut réorganiser et optimiser les espaces intérieurs. »

À l’issue d’un concours de maîtrise d’œuvre, c’est le projet du cabinet Nicola Spinetto Architectes qui a été retenu, avec les Architectes des bâtiments de France et le parc national du Mercantour associés à sa conception. La partie historique et ses façades de pierre seront conservées. Les extensions, elles, plus récentes, seront habillées d’un bardage de bois et les toitures unifiées pour donner de la cohérence à l’ensemble.
L’emprise au sol ne bougera pas, et la capacité d’accueil non plus. La bâtisse doit conserver ses 80 couchages, répartis dans 562 mètres carrés de surface de plancher et 134 mètres carrés de terrasse.
Un chantier à 2 130 mètres
Reste la difficulté du terrain. À cette altitude, aucune livraison ne se fait comme en fond de vallée. Les matériaux devront être héliportés et les travaux ne pourront avancer qu’à la belle saison, une fois les neiges fondues. Ce qui explique en partie l’enveloppe de 3,5 millions d’euros, qui englobe les études, le chantier et cette logistique.
Si le calendrier tient – il reste suspendu aux autorisations, aux subventions et à la disponibilité des entreprises -, le refuge cessera d’accueillir du public dès la fin du printemps 2027. Les randonneurs devront alors s’en passer près de deux ans, avant une réouverture en 2029.

