Fermé depuis que la tempête Adrian l’a inondé en 2018, le musée Jean Cocteau de Menton va rouvrir ses portes. La maire, Alexandra Masson, l’a annoncé lors de sa conférence de presse des cent jours, tenue face au bâtiment, en visant une réouverture en 2029.
Elle en avait fait sa priorité de campagne. C’est donc tout un symbole qu’Alexandra Masson a choisi de lancer son bilan des cent jours par ce qu’elle présente comme l’« excellente bonne nouvelle » de son début de mandat.
« Je vous l’annonce, ce musée va rouvrir » a-t-elle lancé devant les façades minérales du bâtiment signé Rudy Ricciotti, à l’arrêt depuis la nuit du 29 octobre 2018.
Fermé depuis la tempête Adrian
Cette nuit-là, des vagues de sept mètres soulevées par la tempête Adrian ont noyé ses réserves, sur le front de mer, endommageant la majeure partie de sa collection. Depuis, la bâtisse est restée close, ses œuvres réparties entre le Bastion et d’autres sites de la ville.
Cette collection n’a pourtant rien d’anecdotique. Réunie par le mécène américain Séverin Wunderman et léguée à Menton en 2005, elle rassemble quelque 1 800 œuvres et forme le premier fonds Cocteau au monde.

Pendant plusieurs années, le bras de fer avec l’assureur a bloqué le dossier. Mais début juin, le tribunal administratif de Nice a tranché en faveur de la ville, condamnant la SMACL à lui verser plus de 3,4 millions d’euros. L’assureur a fait appel, mais la municipalité a décidé de ne plus attendre pour enclencher la réouverture.
Signe que les lignes bougent, la maire assure avoir reçu le soutien de la préfecture et de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). L’architecte Rudy Ricciotti, concepteur du bâtiment comme du MUCEM à Marseille, est lui aussi revenu sur les lieux, sa première visite depuis la catastrophe. Un comité de pilotage et un comité technique ont été réunis et les études préparatoires ont été lancées.
Récupérer la collection et couper le ruban avant 2030
Reste un défi de taille, sécuriser la collection elle-même. En juillet 2025, la fondation, qui représente les héritiers de Séverin Wunderman, a mis la ville en demeure de restituer les 1 800 œuvres, estimant que les conditions du legs, dont une exposition permanente, n’étaient plus respectées.
Face à cette menace, Alexandra Masson s’est montrée catégorique. Menton, promet-elle, récupérera la collection « entière » et lui « redonnera son faste. » Quant au calendrier, il faudra se montrer patient. Elle vise 2029, au plus tard début 2030, pour « couper le ruban. »

