Le conseil municipal a voté vendredi 500 euros au Cercle Blasco Ibáñez pour ouvrir la propriété de l’écrivain espagnol lors des Journées du patrimoine (19-20 septembre). L’occasion d’interroger la maire sur l’avenir de Fontana Rosa, un site « en très mauvais état. » La piste privilégiée ? Confier la rénovation à un opérateur extérieur, en échange d’une longue concession.
Durant les Journées du patrimoine, le Jardin des romanciers ouvrira ses grilles au public, animé par le Cercle Blasco Ibáñez, l’association qui entretient la mémoire de l’auteur des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, installé à Menton en 1921. La Ville lui a versé pour cela une subvention exceptionnelle de 500 euros.
Le Palais Carnolès d’abord
« Est-ce que vous avez déjà des idées sur ce qui pourrait être fait en termes de restauration ou d’usage de ce site ? » a interrogé l’élu d’opposition, Florent Champion (Menton en action).
La réponse d’Alexandra Masson tient d’abord dans une hiérarchie. « Ce patrimoine est en très mauvais état. C’est très compliqué en termes de financement. Le Palais de Carnolès, c’est ce qui est le plus urgent, et c’est déjà beaucoup. Financer en plus celui-là, c’est compliqué. »

Le chantier de ce dernier, qui doit rouvrir le musée des beaux-arts, mobilise déjà l’essentiel des moyens : les marchés de travaux attribués cet été avoisinent 1,86 million d’euros HT, avec des demandes de subventions à l’État (733 500 euros) et à la Région Sud (100 000 euros).
La piste d’un opérateur privé
D’où l’hypothèse de travail que l’édile a mise sur la table. « Trouver un délégataire qui se charge des travaux, comme c’est fait dans d’autres lieux, dans les Alpes-Maritimes aussi. » Des visites des lieux ont déjà commencé avec des organismes susceptibles de s’y intéresser.

Elle n’en cache pas les difficultés. « C’est compliqué, parce que quand ils viennent, ils se disent qu’il y a beaucoup, beaucoup de travaux. Un délégataire assure le chantier, donc ils vont certainement nous demander beaucoup d’années. »
Il faudra « trouver un équilibre », mais la maire y croit. « Le patrimoine restera à Menton, et il sera revalorisé. » Rendez-vous « d’ici quelques mois », le temps d’avoir « effectué ces visites » et rencontré « les différents organismes en capacité de le faire. »
Un site « amoché » par un immeuble
La maire a enfin rappelé ce qui distingue Fontana Rosa de Carnolès aux yeux d’un investisseur : un immeuble construit « très, très proche » du jardin, dans les années 70-80, « à une époque où l’on ne faisait pas autant attention au patrimoine qu’aujourd’hui. »
« Le site a été amoché par cette construction, ce qui n’est pas le cas de Carnolès. » Et de conclure : « On ne pourra pas tout financer nous-mêmes. »

