Après trois jours de mobilisation, la maire de Menton a reçu une délégation d’élèves, de parents et d’enseignants du lycée Pierre-et-Marie-Curie. Sanitaires condamnés, amiante signalé dans des plafonds, ascenseur en panne, professeurs non remplacés… Alexandra Masson promet de transmettre la liste à la Région. Les lycéens, eux, veulent faire oublier les casseurs.
« Sincèrement, on a eu quand même quelques réponses. On a surtout beaucoup été entendus vis-à-vis des sanitaires qui étaient inutilisables. Je pense qu’il y aura probablement des réactions. On est plutôt contents vis-à-vis de ce point » lance Tom, responsable local de l’Union syndicale lycéenne et porte-parole du mouvement, à sa sortie de la mairie.
Toilettes condamnées, amiante, profs absents
Le cahier de doléances tient en quelques lignes. « Ce sont des jeunes qui ont des revendications légitimes, dont certaines de santé publique très basiques » confie Alexandra Masson. « Ils n’ont quasiment pas d’accès à des sanitaires, à des toilettes. Dans un établissement de plus de mille élèves, c’est un problème de santé publique. »

La liste ne s’arrête pas aux toilettes. Les lycéens et leurs parents signalent de l’amiante dans certains plafonds et planchers, une absence d’isolation et de ventilation, un ascenseur en panne qui bloque les personnes à mobilité réduite et un accès difficile à l’infirmerie. Les sanitaires, eux, sont condamnés depuis plusieurs mois.
Vient ensuite l’enseignement. Des classes sans professeur de français ni de physique-chimie, y compris en année de bac, des demi-groupes supprimés en langues et en spécialités, des classes à trente-six, des emplois du temps provisoires avec des creux de deux ou trois heures et parfois pas de pause déjeuner.
« Pas de salle de classe gardée avec des études surveillées. Ça me paraît aussi le b.a.-ba quand on est en première-terminale » poursuit la maire de Menton, qui rappelle le poids du contrôle continu depuis Parcoursup. « Des revendications très simples, mais qui sont essentielles pour leur quotidien. Et, comme l’a dit un des élèves, leur bien-être à l’école. »
« Les gens qui ont cassé, ce n’était pas des lycéens »
Le lycée appartient à la Région, les enseignants dépendent du rectorat, le climat scolaire de la direction. Alexandra Masson le dit elle-même. « Je n’ai pas un gros impact en tant que maire. » C’est sa casquette de conseillère régionale qu’elle met en avant. « Je vais recevoir la totalité de leur liste, en faire part au président de la Région dans un très bref délai, et faire pression pour réaliser ce qui est faisable à court et moyen terme dans leur établissement. »

Et une promesse. « Ma porte sera ouverte pour qu’on puisse à nouveau échanger quand ils en auront besoin. » Les lycéens, de leur côté, vont rédiger un courrier qui partira au conseil régional, à l’administration du lycée et désormais à l’hôtel de ville. « J’espère que l’échange va être concret et va nous permettre d’avoir de meilleures conditions de travail. »
Les violences de mardi, elles, n’ont presque pas été abordées. « On a très vite mis en relief le fait qu’il y avait deux groupes » explique le porte-parole, qui dit avoir contacté la préfecture et la police avant les blocus pour éviter les débordements. « Les gens qui ont cassé, ce n’étaient pas des lycéens convaincus de leurs opinions, mais plutôt des gens pour qui le divertissement, c’était de brûler une poubelle. Ça nous dessert, évidemment. »

