En votant une aide aux communes ravagées par les feux, la Communauté de la riviera française (CARF) a rouvert un débat brûlant. Florent Champion, élu d’opposition, rappelle que le bassin mentonnais est lui-même menacé et qu’un projet de réserve de sécurité civile, rédigé en 2025, n’a jamais pu aboutir.
Une végétation méditerranéenne qui dévale jusqu’à la mer. Un habitat éparpillé au contact des collines. Des vallées perchées, souvent difficiles d’accès. Le secteur réunit tout ce qui fait le lit d’un incendie ou d’une crue.
C’est dans ce décor que le conseil communautaire du 30 juillet a voté un don de 15 000 euros à la Protection civile – une mobilisation portée par l’Association des maires de France (AMF) – en faveur des communes françaises frappées par les feux. Soit environ 1 000 euros pour chacune des quinze villes.
Un geste « symbolique », reconnaît Alexandra Masson. La présidente de la CARF assume d’ailleurs le choix de l’argent plutôt que des dons en nature.
« C’est vraiment de l’aide financière dont on a besoin et pas autre chose. » Une leçon tirée de la tempête Alex, où l’élan spontané s’était souvent perdu, faute d’organisation.
Un projet de délibération resté dans les tiroirs
Dans l’opposition, Florent Champion salue la délibération. Mais l’élu du groupe « Menton en Action », qui a adressé un courrier à la maire quelques jours plus tôt, veut aller plus loin que le don. « Quand la solidarité est mal organisée, elle peut être contre-productive » glisse-t-il dans Menton-Presse, en écho à 2020.
Sa première proposition ? Une réserve communale de sécurité civile. Composée de bénévoles, elle ne remplacerait ni les pompiers ni le SDIS 06, mais viendrait les épauler « en amont, pendant et après la crise », surtout pour accompagner les sinistrés.
Un dispositif qui existait déjà sur le papier. « Au cours de l’été 2025, on avait établi un projet de délibération, un projet de règlement intérieur. » Le texte devait être voté à la rentrée, durant le mandat d’Yves Juhel.
Mais la démission de Florent Champion de ses fonctions d’adjoint a tout interrompu. « On le regrette » souffle-t-il, assurant que la nouvelle majorité pourrait s’appuyer sur ce travail.
Drones et algorithmes pour anticiper
Il défend également l’idée d’une commission transpartisane sur l’adaptation au changement climatique, associant élus, techniciens et associations, pour anticiper la sécheresse, la ressource en eau ou le débroussaillement. « L’IA ne remplacera jamais les besoins humains d’accompagnement. »
Face à lui, Alexandra Masson dit vouloir voir plus grand. La CARF a déjà engagé une réflexion. Un rendez-vous est prévu avec une entreprise spécialisée dans l’anticipation des feux de forêt par drones et algorithmes, sur un territoire immense comme celui de Tende.
Une solution de prévention qui élargit le risque bien au-delà des flammes et des inondations, en veillant notamment sur les balcons mal entretenus, coûteux à sécuriser.
Olivier Chantreau, maire de Castillon, milite de longue date pour cet outil. Il avait proposé d’en doter toute la CARF dès la tempête Alex.
« Ça ne sert pas uniquement lorsqu’il y a des feux » milite celui qui cite aussi les glissements de terrain ou les chutes d’arbres. Une réserve intercommunale, adossée à un plan de sauvegarde commun, gagnerait selon lui « à couvrir toutes les communes.»
À condition de partir d’abord de l’échelon local. Plusieurs voix la verraient d’ailleurs bien inscrite dans « le futur schéma de cohérence territoriale. »

