Le 19 septembre, une vingtaine de cyclistes s’élanceront de Menton pour rejoindre Perpignan à vélo. Tous sont des patients suivis pour un cancer, ou leurs proches. Le Dr Stephen Ellis, oncologue et instigateur du projet, invite les malades de la Côte d’Azur à se joindre au peloton, le temps d’une étape.
L’idée est née il y a un an, à Perpignan, dans une maison de soins de support baptisée La Tête et les Jambes. Un lieu créé par l’Institut de communication et d’information sur le cancer (ICIC) pour accompagner les personnes touchées par la maladie et leurs aidants.
Chaque année, patients et intervenants s’y réunissent pour imaginer de nouveaux projets. Celui-ci prend la forme d’un raid cycliste de 715 kilomètres, à travers six départements, du 19 septembre au 3 octobre.
Restait à choisir un point de départ. Ce sera Menton. « Je trouve cette ville extrêmement belle et j’en suis très admirateur » confie dans Menton-Presse le Dr Stephen Ellis, oncologue-radiothérapeute, président de l’ICIC et directeur du Centre catalan d’oncologie.
Un titre choisi par les patients
La raison est d’abord géographique. Il s’agissait de relier une frontière à l’autre, de l’Italie à l’Espagne, en longeant la Méditerranée. Les cyclistes rallieront Golfe-Juan dès la première étape, puis Fréjus, Le Lavandou, Marseille et les Saintes-Maries-de-la-Mer, avant la dernière ligne droite vers le Roussillon.

Le nom du raid ne passe pas inaperçu : « Faut pas crever. » Une formule assumée. « C’est un titre un peu provocateur, mais derrière se cache une formidable envie de vivre de leur part », explique le médecin. « Ce sont les malades eux-mêmes qui l’ont choisi. »
Pour lui, le vélo dit quelque chose de la maladie. Les côtes à gravir rappellent l’épreuve des traitements et les descentes, les moments de répit. Et quand l’un flanche, le groupe ralentit. « Une main se tend et tire vers l’avant » résume-t-il. « Le patient n’est jamais seul. »
Les patients azuréens invités à pédaler
C’est aussi la philosophie de ces maisons de soins de support, qui prennent en charge ce que la médecine seule ne traite pas, à savoir la fatigue, le moral ou la vie sociale. « Avant, on s’occupait beaucoup de la maladie et très peu de l’homme malade » observe l’oncologue.
Le peloton comptera une vingtaine de cyclistes (patients et accompagnants, à l’entraînement depuis plusieurs mois), épaulés par une dizaine de personnes au sein du staff médical et technique. Une organisation lourde, montée pour l’essentiel par les participants eux-mêmes.
Mais le peloton a vocation à grossir. Dans chaque ville traversée, les malades suivis localement sont conviés à rouler, sur tout ou partie d’une étape. « On invite vraiment tous les patients à augmenter l’épaisseur de ce petit peloton » lance le Dr Ellis, à l’adresse des Mentonnais comme des Niçois, Cannois ou Fréjusiens. L’inscription est libre, sans quota. « On les accueillera avec plaisir. »

