Contrainte par un jugement du tribunal administratif, la Ville a déclaré vendredi 18 septembre « sans suite » l’attribution des lots 1 et 9 de la plage des Sablettes, enterrant définitivement la consultation lancée en 2023. Alexandra Masson a profité du vote pour détailler l’état des négociations avec les quatre exploitants évincés l’an dernier.
Trois ans après le lancement de la procédure, la délégation de service public des plages des Sablettes n’en finit pas de produire des jugements.
Le dernier, rendu le 28 juillet 2026 sur requête de la société Le 31 Beach, candidate pressentie pour le lot 1, annulait la délibération du 12 mai 2025 et la décision du maire du 24 mars 2025 pour un vice de forme : la convocation des conseillers et la compétence de l’exécutif. Il enjoignait au conseil de délibérer à nouveau dans les deux mois. C’est désormais chose faite.
Une consultation « affectée » dans son ensemble
La Ville renonce donc, pour « motif d’intérêt général », aux lots 1 (établissement A, un temps promis à AJP Solutions) et 9 (établissement H, à SLC Développement III). Motif : le règlement de consultation de 2023, commun à tous les lots, a été jugé irrégulier par le tribunal le 21 octobre 2025, faute de hiérarchiser les critères d’attribution, ce qui avait entraîné la résiliation de quatre sous-traités (La Pergola, La French, Cala Bro Beach Club, Caesar Beach).

« Ces irrégularités affectent l’ensemble de la procédure, les lots 1 et 9 compris », reconnaît la délibération. Signer aujourd’hui exposerait la commune « à un risque sérieux de déféré préfectoral et de résiliation. »
« Nous allons voter oui, afin de clôturer enfin cette série » a lâché Cédric Monteiro, leader de « Nouvel élan pour Menton », qui a voulu savoir où en étaient les compensations des quatre exploitants écartés et le calendrier de relance de la consultation.
Les indemnisations : un compromis, trois négociations
« Globalement, on essaie d’avoir des accords amiables » a répondu la maire. Le seul conclu concerne pour l’instant La Pergola. Pour les trois autres, rien n’est signé.
Le lot 7, Cala Bro Beach Club, « demande l’intégration de clauses d’indemnisation complémentaires. » Les lots 5 et 6 (La French), ont « remonté des intégrations complémentaires, contestées par nos experts-comptables. »
Quant à Caesar Beach, « il n’y a pas d’entente. » La municipalité a proposé 54 659 euros de dédommagements et 404 304 euros pour les biens de retour, refusés par les avocats de l’exploitant. « Je suis assez prudente, parce que si on n’a pas d’accord, on repart pour une procédure » a averti Alexandra Masson.
Régie municipale ou nouvel appel d’offres ?
Sur l’avenir de ces emplacements, l’édile a ouvert une porte. « On se pose des questions, franchement. Est-ce qu’on en reprend un ? Est-ce qu’on est capable de le gérer en régie en interne ? On a des débats. » Elle a également rappelé que l’ancien délégataire du lot 1 est en contentieux avec la Ville. « On est en train d’attaquer l’ancien, on va lui demander de l’argent. »
La demande des professionnels, elle, est « très forte », et la maire promet d’« aller au plus vite », avec un cadre « rattaché à la sécurité et à la transparence. » Aucun calendrier n’a été donné pour la nouvelle consultation, ni de précision sur les critères, malgré la question de l’opposition.

Cet appétit, le président du syndicat des plagistes le confirme. « Aujourd’hui, on n’est que trois. Il faut en rajouter, parce qu’il y a de la demande. Mais pas neuf lots, c’est trop » estime Rocco Loisi, exploitant aux Sablettes depuis 2018, interrogé lundi 21 septembre par Menton-Presse.
Son chiffre ? Six. « Beaucoup de Mentonnais et de touristes aiment mettre les pieds sur le sable sans payer un transat. Avec six plages, il reste de l’espace libre, et une belle visibilité sur la mer. Plus, ça cache trop la vue. »

