Dans Menton-Presse, Virginie Simoncini, adjointe chargée de l’événementiel, des festivités et des animations, passe en revue les rendez-vous de l’été. Une Saint-Pierre qui « pose les jalons » pour l’avenir, un 15 août record aux Sablettes, un French Flyair à 65 000 personnes, des « Menton en terrasse » qui n’ont pas trouvé leur format et un festival de musique appelé à changer.
« C’est un bilan satisfaisant pour une première année. » Virginie Simoncini résume ainsi un été mené avec « un programme qui était quand même assez contraint budgétairement. »
La Saint-Pierre, pour « poser les jalons »
Le premier week-end de juillet a ouvert le bal. « La Saint-Pierre a été très bien accueillie parce que ça nous permet aussi d’ouvrir la saison, symboliquement » explique l’élue. Le samedi, une beach party a visé les jeunes. Le dimanche, la fête traditionnelle a pris le relais.

« En deux mois, on a commencé à poser les jalons de quelque chose qu’on veut faire grandir et rendre identifiable. » Le rendez-vous sera reconduit. L’an prochain, la Ville veut l’adosser à une « Semaine de la mer », en juin. « Ce serait sympa de faire un gros événement, avec ce week-end de la Saint-Pierre. »
Un 15 août qui « a irradié jusqu’à Paris »
Deux feux d’artifice ont rythmé le cœur de l’été. Le 14 juillet d’abord, puis le 15 août, qui a fait encore plus fort. « Ça a irradié jusqu’à Paris, où on nous appelait en nous disant que c’est extraordinaire ce que nous avons fait à Menton. »
« Je pense qu’il y a rarement eu autant de monde sur l’esplanade des Sablettes » poursuit-elle. La maire, en séance, a mis en avant « un DJ de renom qui a animé cette belle fête » et « un très vif succès comme toutes les autres. »
French Flyair : 65 000 personnes et un village « éducatif »
En affluence, le meeting aérien a tout écrasé. « Soixante-cinq mille personnes » avance l’adjointe, show et village au bastion compris, un chiffre obtenu grâce à des capteurs. « C’est vraiment un événement qui fédère, avec des gens qui viennent de partout, certains qui programment leur venue et qui suivent la Patrouille de France. »

Pour Alexandra Masson, c’est « l’événement majeur de l’été. » Mais l’édile a insisté sur ce qui se joue avant le show, dès l’ouverture du village le vendredi soir. « Il y a tout un système éducatif et de formation qui est mis en place sur l’aérien, sur l’armée, sur tous les métiers du secteur. C’est un des rares domaines d’activité où il n’y a pas de chômage. » Elle réfléchit à un ou deux rendez-vous par an dans les écoles et les lycées autour de ces métiers.
Menton en terrasse : « pas le bon format »
C’est le raté assumé de la saison. L’idée venait des restaurateurs de la promenade du Soleil. « C’était le constat qu’on avait fait en début de saison, en nous disant : le week-end, on n’a pas besoin de grand-chose parce que le monde est là » retrace Virginie Simoncini. Le jeudi soir s’est imposé, « parce qu’on s’était dit aussi que les Mentonnais s’autorisaient peut-être plus à sortir ce jour-là. »
Le bord de mer a donc été fermé à la circulation, les terrasses déployées sur la chaussée, un petit marché installé place Élisée-Reclus. En échange, les établissements devaient animer leur espace et programmer des groupes. « Les restaurateurs n’ont pas forcément joué le jeu en mettant des groupes et en dynamisant ces espaces-là » constate l’élue.

« Il y a eu quelques fausses notes au départ. Fermer le bord de mer pour dix-huit heures, c’est trop tôt. C’est pour ça qu’on a décalé à dix-neuf heures. » Le verdict est sans détour. « J’avoue qu’on n’est pas dans un bon format et qu’on va essayer d’améliorer ça l’année prochaine. »
Même constat côté maire. « Ça n’a pas été le succès attendu » a reconnu Alexandra Masson au conseil. Elle retient en revanche le dimanche piéton. « Ça donne une bouffée d’oxygène de se promener au soleil sur la promenade, sans voiture. » La municipalité étudie une déclinaison dominicale régulière.
Aux Sablettes, la même formule a mieux tourné. Les podiums installés le jeudi ont plu. « Les restaurateurs étaient visiblement contents de toutes les animations qu’on a pu y mettre. » Un point est fixé avec les professionnels le 5 octobre. « Je pense qu’il y a mieux à faire, mais on va en discuter tous ensemble. »
L’eFoil, l’invité de dernière minute
Passée plus inaperçue, la dernière manche des championnats du monde d’eFoil s’est décidée à la mi-août et s’est montée en un mois. « Les retours ont été absolument unanimes tant du côté des concurrents que du public. C’est un sport qui est en plein essor, c’est visuel, avec des images absolument magnifiques avec le vieux Menton derrière. »
L’adjointe a ouvert la discussion avec la fédération le jour même. « J’espère qu’on pourra les accueillir de nouveau l’année prochaine. » Le tout s’inscrit dans une ville « qui a envie de se tourner de plus en plus vers la mer. »
Le festival de musique « voué à être modifié »
Le sujet était annoncé en conférence de presse, il est confirmé. « Le festival est voué à être modifié, parce qu’il faut vraiment que ce ne soit pas qu’un point noir pour les restaurateurs et les plagistes, dans le sens où il y a pas mal de soirées où ils sont contraints » pose Virginie Simoncini.

L’objectif ? « Un festival qui fasse vivre la ville, qui soit beaucoup plus ouvert sur tout type de clientèle », « un peu moins élitiste. » Pas question de toucher à son existence, pour l’un des plus vieux rendez-vous de musique classique du pays.
« Je suis certaine qu’on peut réussir à avoir un format qui engage plus de monde, et qui soit moins contraignant pour les professionnels du tourisme, et qui ait une vraie valorisation pour la ville. »
Et l’an prochain ? Plusieurs pistes
Les rendez-vous qui ont fonctionné seront pérennisés. L’élue a déjà trois envies. Le parc du Pian d’abord. « J’aimerais beaucoup aussi dynamiser cet espace, qu’on n’exploite pas et qui, l’été, malgré tout, est un lieu sympa. »
Nice et Beaulieu-sur-Mer font vivre le leur, note-t-elle, et celui de Menton, ombragé, « nous permettrait de faire des petits festivals à taille humaine. »
La Fête des Mai ensuite, dont « le programme était déjà calé » à l’arrivée de la nouvelle équipe. « Peut-être penser à un format qui refasse vivre les quartiers. » Et « garder ce fil rouge de la mer sur tout l’été. »

