Porté par la proximité de Monaco et son front de mer, le marché immobilier mentonnais reste cher, mais il marque une pause. Après une décennie de hausse, les prix se stabilisent depuis un an. L’occasion de faire le point, quartier par quartier, sur les coins où acheter reste (encore) possible sans se ruiner.
Chercher un toit à Menton demande d’avoir les nerfs solides. D’après les estimations de la plateforme MeilleursAgents, arrêtées au 1er juillet 2026, il faut compter en moyenne 5 214 euros le mètre carré pour un appartement et 6 218 euros pour une maison. Des moyennes qui masquent de gros écarts, de 2 822 à 8 600 euros au mètre carré pour un bien selon l’adresse et la vue.
Le front de mer et Garavan, le haut du panier
Sur dix ans, la valeur des appartements a bondi de 28 %. Mais la flambée s’essouffle. Après un pic, les prix ont reculé de près de 3 % sur les trois derniers mois et stagnent sur un an. Une accalmie qui peut ouvrir une petite fenêtre aux acheteurs.

Sans surprise, c’est au bord de l’eau que la note grimpe. Sur le littoral, de la Promenade du Soleil aux quais, et surtout dans le quartier résidentiel de Garavan, à l’est vers l’Italie, le mètre carré dépasse allègrement les 5 600 euros, avec une nette prime pour les biens en façade maritime ou avec vue dégagée. Le secteur des avenues Édouard-VII et de Verdun, proche de la plage, complète le peloton de tête.
À l’autre bout de l’échelle, les bonnes affaires se nichent sur les hauteurs et, plus surprenant, dans la vieille ville. Les quartiers perchés du nord, comme Monti, et les secteurs éloignés du littoral, à l’image des Jardins d’Olympie, passent sous la barre des 4 700 euros le mètre carré. Mais c’est le cœur historique qui intrigue le plus.
Le Vieux-Menton, eldorado des jeunes acheteurs
Dans les ruelles pastel du Vieux-Menton, le marché oscille entre 3 000 et 6 000 euros le mètre carré selon l’état du bien et la vue, d’après les professionnels, ce qui séduit une nouvelle génération d’acheteurs. « Menton, c’est un micro-marché immobilier, avec peu de risques » résume dans Menton-Presse Sébastien Loffredo, gérant de l’agence du Grand Palais, qui voit affluer de jeunes actifs.

Beaucoup misent sur l’investissement locatif étudiant, portés par la présence de Sciences Po ou des écoles de santé. Et les biens à retaper restent le bon filon. « Récemment, on a vendu un petit immeuble de deux appartements pour 180 000 euros. »
Les charges de copropriété quasi inexistantes sont l’autre atout du bâti ancien, souligné par Philippe Perin, gérant de l’agence Immobilier Menton. « C’est très intéressant, il n’y a pratiquement pas de charges. Vous pouvez ensuite dégager une vraie plus-value » analyse-t-il.
Un cœur historique devenu international
Le phénomène dépasse les frontières. Depuis trois ans, les agents constatent une poussée d’acheteurs étrangers – Britanniques, Américains, Suisses, Belges ou venus d’Asie – en quête d’un pied-à-terre dans la cité. Séduits par une ville à taille humaine et son climat doux, « les étrangers adorent » observe Sébastien Loffredo.
La rénovation du patrimoine, autour de la basilique Saint-Michel-Archange et des rampes Saint-Michel, y est aussi pour beaucoup. « C’est devenu un point instagrammable et international » note Philippe Perin, qui voit défiler les groupes de touristes devant sa vitrine.
Reste que, dans un marché où la demande dépasse largement l’offre, dénicher la perle rare tient souvent du parcours du combattant. À Menton comme ailleurs sur la Côte, mieux vaut avoir le portefeuille garni. Ou pour les budgets serrés, lever les yeux vers les hauteurs.

