Un mois de juillet sans une goutte de pluie, des Américains en nombre, une plage encore pleine mi-septembre : Rocco Loisi, président du syndicat des plagistes de Menton et exploitant sur les Sablettes depuis 2018, parle d’une « saison record. » Il plaide pour rouvrir des lots, mais pas les neuf d’origine.
Il est encore tôt pour les chiffres définitifs, mais le ton est donné d’emblée. « Pour nous, c’est une saison record. La plus belle que j’ai faite depuis 2018 » lance Rocco Loisi, gérant de La Cabane, dans Menton-Presse. Transats, bar, restaurant : « Tout a fonctionné. »
Un mois de juillet exceptionnel
Le plagiste avance plusieurs explications, la météo en premier. « On a eu trente jours en juillet sans un jour de pluie, sans vent. En août, on a perdu quatre ou cinq après-midis. Et septembre, c’est le top pour le moment. »
Quand on tient un établissement balnéaire, « perdre quatre jours à cause de la pluie, c’est un bon montant de chiffre d’affaires. » Il évoque aussi le contexte international, « qui ramènerait des vacanciers sur la Côte. »

La canicule, elle, n’a pas été un frein, mais elle a changé les habitudes. « Les autres années, les gens restaient jusqu’à 20 heures. Cette année, ils partaient un peu plus tôt, ils n’arrivaient pas à tenir. » Une cuisine ouverte « non-stop de 11 heures à 21 heures » a fait le reste. « C’est notre point fort depuis l’ouverture. »
Côté clientèle, le président des plagistes note une nouveauté. « On a eu beaucoup d’Américains. Des Norvégiens, des Suédois, des Danois, des Allemands. Et des Espagnols. C’est la première fois qu’on en voit autant. »
Complet un dimanche de septembre
La saison ne s’arrête pas avec les vacances. « Dimanche 20 septembre, on a fait complet. On a même refusé du monde. »
Avec ce temps, « ça peut traîner jusqu’à la mi-octobre, même plus. » Mais le calendrier est contraint par les travaux. La deuxième phase du chantier de la digue démarre autour du 15 octobre, pour tout l’hiver. « On n’aura pas l’accès à la plage ni à la baignade. »

Les travaux doivent ouvrir la digue sur un ponton flottant pour faire circuler l’eau, dans une baie où « elle est souvent un peu verte. »
« Ça a été un problème cet été. On croise les doigts pour que ce soit la bonne solution pour avoir une eau propre. » Désormais, les établissements resteront ouverts à l’année, pergolas comprises. « On ne les démonte plus. On peut créer des postes en CDI, ce n’était pas le cas depuis cinq ans. »
« On retrouve le Menton d’avant »
Interrogé sur le feuilleton des lots, après le conseil municipal qui a abandonné deux attributions, le président des plagistes a un avis nuancé. « À la base, il doit y avoir neuf lots. Aujourd’hui, on n’est que trois. Il faut en rajouter, parce qu’il y a de la demande. Mais pas neuf, c’est trop. »
Sa volonté ? Six, pas plus. « Beaucoup de Mentonnais et de touristes aiment mettre les pieds sur le sable sans payer un transat. Avec six plages, il reste de l’espace libre, et une belle visibilité sur la mer. Plus, ça cache trop la vue. »
Sur les festivités estivales, le plagiste salue « plus d’animations que les autres années », feux d’artifice et meeting aérien en tête. « J’habite ici depuis vingt et un ans. Les quatre derniers étés, ce n’était pas le top. Là, on retrouve le Menton d’avant. »
Les touristes, assure-t-il, le lui disent aussi : « les rues lavées, les jardins entretenus. » Une critique revient pourtant. « Il manque un peu d’ombre sur la promenade. » Un message qu’il dit avoir transmis à la Ville.

