Absents cette saison des plages mentonnaises, les CRS maîtres-nageurs pourraient y faire leur retour dès l’été prochain. Alexandra Masson, maire de Menton, s’apprête à en faire la demande, tandis que se profile, en toile de fond, la question sensible du mouillage des bateaux.
Sur le littoral, cet été encore, aucun CRS à l’horizon. Mais l’idée, elle, refait surface. « Cela peut être une solution, comme à Cap-d’Ail ou à Antibes » a confirmé dans Menton-Presse Yannick Dupin, chef de la circonscription de police nationale du secteur. « Nous essaierons de le mettre en place dès l’an prochain. »
À ses yeux, l’atout de ces fonctionnaires tient à une double casquette. « Ils sont aussi maîtres-nageurs sauveteurs. Ils peuvent intervenir dans l’eau, ce que nos patrouilles à VTT ne pourront pas faire, sauf pour porter secours. »
Vers une « vraie brigade maritime »
Une perspective que défend aussi l’hôtel de ville. Car les éco-gardes déployés aujourd’hui montrent leurs limites. Ils font surtout de la prévention et n’ont pas les moyens de constater les infractions. « C’est une première pierre à l’édifice, mais ce n’est pas aussi performant qu’une vraie brigade maritime. C’est pour cela qu’on essaie quand même de l’avoir » plaide Alexandra Masson.
Une solution qui existe déjà, à quelques kilomètres de là. Lors du dernier conseil municipal, Cédric Monteiro, chef de file du groupe « Nouvel élan pour Menton », cite l’exemple de Cap-d’Ail, où six CRS patrouillent à temps plein durant la saison, épaulés d’un zodiac, aussi bien pour veiller sur les baigneurs que pour contrôler les embarcations. « Une solution intermédiaire » relève l’élu d’opposition.

La brigade maritime évoquée par la maire doit, justement, voir le jour dans les prochains mois. « L’objectif est d’investir dans une navette pour patrouiller de Menton à Roquebrune-Cap-Martin » nous confiait Richard Miquelis, adjoint à la sécurité.
En attendant, la piste des CRS se précise. En conseil municipal, Christophe Vignau, délégué à la sécurité, avance un calendrier. Selon lui, la maire doit saisir « d’ici septembre ou octobre » la Direction générale de la police nationale pour obtenir de nouveau des agents sur les plages de la ville.
« J’ai des collègues à Villefranche-sur-Mer et à Cap-d’Ail qui font un travail extraordinaire de police et de surveillance des littoraux » souligne-t-il. De quoi, tout à la fois, veiller sur les nageurs et faire respecter la loi sur le sable.
La problématique des bateaux et algues protégées
Car leur venue répond aussi à un second enjeu, celui du mouillage. Selon Cédric Monteiro, la restriction en vigueur ne viendrait pas de l’État, mais d’une demande de la municipalité, formulée après des résultats de l’Agence régionale de santé (ARS) pointant une pollution des eaux de baignade, puis validée en commission nautique.
L’idée défendue tient moins à interdire l’ancre qu’à encadrer l’ancrage grâce à des bouées de nouvelle génération, plus respectueuses des fonds. Là encore, les policiers auraient leur rôle.
« Il y aura un contrôle du mouillage des bateaux grâce à ces CRS » confirme Christophe Vignau, pour éviter les ancrages au-dessus des algues protégées. En Méditerranée, ces herbiers (le plus souvent de la posidonie) sont strictement préservés par la loi.

Reste la manière. Forte des commissions maritimes qu’elle dit avoir menées à l’Assemblée nationale, où elle a siégé comme députée, Alexandra Masson pose un constat plus large. « La mer, qui était un grand espace de liberté, devient un grand espace de verbalisation. Et je suis assez d’accord. »
D’où sa ligne, faite de pédagogie plus que de sanction. « Il y a beaucoup de pédagogie à faire, sur l’environnement, sur les zones où l’on peut mouiller » résume-t-elle, consciente que les plaisanciers du secteur n’ont pas encore pris le pli de ces nouvelles règles. D’ici l’été prochain, le rivage mentonnais restera surveillé depuis le sable et à VTT.

