Plus de trois mois après son entrée en fonction, la maire de Menton, Alexandra Masson, a présenté le bilan de son action lors d’une conférence de presse tenue devant le musée Jean Cocteau. L’occasion de faire un tour d’horizon des réalisations et des promesses.
Cent jours, « le sport national de tous les nouveaux élus » a ironisé Alexandra Masson au moment de prendre le micro. Durant son discours, l’édile, également présidente de la Communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF), a revendiqué une gouvernance « de proximité » et la mise en application de son programme.
Culture : Cocteau, Carnolès et une candidature UNESCO
C’est le symbole fort de début d’exerice. Devant le musée Jean Cocteau, fermé depuis que la tempête Adrian l’a inondé en 2018, la maire a annoncé sa réouverture, visée pour 2029-2030, après un jugement favorable contre l’assureur et le soutien affiché de la DRAC et de l’architecte Rudy Ricciotti.
Elle promet aussi de rouvrir le Palais Carnolès et d’y agrandir la collection, et confirme « le lancement d’une candidature des jardins mentonnais au patrimoine mondial de l’UNESCO. »
Sécurité : une police municipale à reconstruire
La sécurité, « première des libertés » selon la maire, fait figure de priorité. À son arrivée, la municipalité assure n’avoir trouvé que « 24 policiers municipaux, pour 40 postes budgétés » et sans directeur. Depuis, sept agents ont été recrutés, une directrice prendra ses fonctions le 1er septembre et la ville vise à terme 48 policiers.
Elle revendique aussi 23 caméras de vidéoprotection supplémentaires, validées par la préfecture, ainsi que le lancement des opérations « Été tranquille » et « Menton attitude », cette dernière misant sur le civisme.
Sur un sujet plus sensible, la maire dit avoir constaté un triplement du nombre de sans-abri en deux ans. Sa réponse se veut double, avec d’un côté un arrêté municipal visant la mendicité agressive, de l’autre la création d’un accueil de nuit, présenté comme le premier dans l’est du département.
Logement et solidarité : loi Le Meur et un refuge pour femmes
Alors que les résidences secondaires pèsent près d’un logement sur deux, la ville a voté une révision de son plan local d’urbanisme (PLU) pour instaurer, via la loi Le Meur, des servitudes de résidence principale dans certains quartiers.

Une prime aux logements vacants, jusqu’à 5 000 euros, doit suivre à la rentrée, et la maire dit « négocier avec l’État un allègement des pénalités liées à la loi SRU. »
Côté solidarité, l’ancien hôtel « Le Chouchou », en cours de réhabilitation, doit ouvrir à l’automne. Alexandra Masson en a redéfini la vocation. « Il accueillera des femmes victimes de violences intrafamiliales et leurs enfants, avec un accompagnement du CCAS. » Elle a tenu à le rebaptiser « Ma Maison ».
Proximité : permanences et conseils de quartier
Sa « marque de fabrique », insiste-t-elle, ce sont les permanences mensuelles sans rendez-vous, dont la quatrième est prévue en juillet, doublées d’un tableau de bord pour suivre les demandes des habitants.
Autre engagement revendiqué comme tenu, la création de conseils de quartier et la désignation de trois adjoints. Sur le front de la canicule, la municipalité affiche par ailleurs quarante-trois climatiseurs installés dans les écoles, avec une priorité aux maternelles. Soixante-quatre sont attendus en septembre et des « îlots de fraîcheur » dans les cours.
Frontières : l’Italie et Monaco en ligne de mire
Enfin, Menton entend miser sur sa position de commune frontalière. Elle a rejoint le futur GECT Alpes de la Riviera avec l’Italie, s’est portée candidate pour accueillir le Comité du Quirinal en 2027 et son secrétariat permanent, et a engagé une démarche auprès de Monaco pour que ses habitants accèdent aux emplois de la Principauté au même rang que leurs voisins.
La ville a par ailleurs nommé un nouveau PDG pour ses ports. « Cent jours ne font pas un mandat » a reconnu Alexandra Masson, qui y voit surtout « une méthode, une énergie et une direction. »

