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    « On marche un peu sur la tête » : vidéo-verbalisation, cochon à la broche, finances… À Menton, Florent Champion fustige la méthode de la majorité

    Vie locale / Société Romain Boisaubert22/09/2026 15:37
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    Florent Champion
    © Romain Boisaubert / Menton-Presse

    Après le conseil municipal du 18 septembre, Florent Champion, chef de file de « Menton en action », a répondu à Menton-Presse. Le porc qui remplace le veau à la Saint-Michel, la trajectoire budgétaire de la Ville, la brigade cynophile, l’état de l’opposition : le conseiller municipal ne ménage pas Alexandra Masson.

    Vous avez interpellé la maire sur le cochon à la broche qui remplace le veau à la Saint-Michel. Pourquoi ?

    On trouve troublant que, quelques mois seulement après le changement de couleur politique de la municipalité, la Saint-Michel soit déjà concernée par une modification. Cette fête patronale, l’une des plus importantes de Menton, était pourtant marquée depuis dix ans par le traditionnel veau à la broche.

    Que sous entendez-vous ?

    Je pense que c’est clairement influencé par le contexte national. Le retour de la question liée à l’immigration, à l’intégration, à la place de l’islam, de certaines religions dans la société. Peut-être que ce n’était pas la volonté première, du moins pas de tout le monde, mais on est aussi dans ce contexte-là qui s’impose à Menton.

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    Qu’est-ce qui vous gêne dans la méthode ?

    S’il y avait eu une communication en amont sur le fait qu’il y aura du cochon à la broche en substitution du veau, il n’y aurait pas eu de souci (lors du conseil municipal, Alexandra Masson a affirmé qu’il y aurait des alternatives, ndlr). Quand il y avait le veau, il n’y avait que ça. De facto, ça pourrait exclure une communauté de personnes qui ne consomme pas de cochon. C’est dommage de diviser alors qu’on est sur une fête patronale qui rassemble, un moment de communion de tous les Mentonnais, de tout horizon.

    Qu’auriez-vous proposé ?

    De maintenir le veau, tout simplement. Ou une paëlla, un apéritif, il y a plein d’autres formules. Il y avait du bœuf aussi qui se faisait par le passé.

    Le thème de la prochaine Fête du citron, « Douce France », vous dérange-t-il également ?

    C’est marqué politiquement. Je ne suis pas sûr que, s’il y avait une autre coloration politique, le thème aurait été le même. Ces dernières années, le choix des thèmes se faisait dans une forme de continuité ou de série. « Douce France » ne me choque pas du tout, mais attention de ne pas tomber dans l’image d’Épinal, de ne pas exclure certaines personnes.

    Vous ne semblez pas entièrement satisfait concernant les modalités de création de la brigade cynophile. Qu’auriez-vous fait différemment ?

    Comme beaucoup de choses, à ce stade, c’est de la communication. C’est un bon début, mais on a un agent. Le jour où il a ses congés, s’il est malade, comment on fait ? On aura investi pour rien. Si on voulait vraiment y aller, il fallait avoir la disponibilité budgétaire pour avoir au moins deux personnes, qu’il y ait toujours un backup.

    Vous critiquez également la mise en place de la vidéo-verbalisation.

    Au mois de mars, il n’y avait qu’un agent assermenté. Comment vous voulez déployer la vidéo-verbalisation ? On a brûlé des étapes à des fins de communication. Il valait mieux restructurer la police municipale, attirer la directrice (Séverine Lauffenburger, ndlr), faire des recrutements, stabiliser et fidéliser l’effectif, parce qu’on a beaucoup de turnover, pour après implémenter la vidéo-verbalisation et la brigade cynophile. Là, on marche un peu sur la tête.

    Vous avez proposé d’étendre « Un fruit à la récré ». De quoi s’agit-il ?

    L’ancienne mandature a mis en place « Un fruit à la récré » dans les écoles maternelles et primaires, un jeudi sur deux. Sauf qu’il y a des financements de l’Union européenne qui permettent, si on le met en place trois jours par semaine, d’être financé à cent pour cent des coûts pris par le prestataire, à savoir trente-quatre centimes par fruit et par enfant. Au final, ça laisserait un jour par semaine à la charge de la mairie. En termes de santé publique, avec l’inflation, les parents n’achètent pas forcément des fruits.

    Menton en Action
    © Romain Boisaubert / Menton-Presse

    Vous réclamez une commission des finances. Qu’est-ce qui vous inquiète ?

    Depuis le début de la mandature, les dépenses de fonctionnement sont à la hausse. Il y a la masse salariale, le coût le plus important. On voit encore à travers la délibération de ce jour qu’on est sur quatre emplois supplémentaires, avec notamment des catégories A. Pousser le curseur si haut au niveau des recrutements, par rapport à nos marges qui sont déjà très faibles, je trouve ça dangereux.

    Les contraintes extérieures pèsent aussi ?

    Les pénalités SRU vont augmenter. A priori, on passerait d’un million six à deux millions d’euros pour l’année prochaine. Ça fait encore 400 000 euros à aller chercher. Pour le fonctionnement, on ne peut pas emprunter. Soit on augmente la fiscalité, soit on externalise une partie des services publics. Et pour l’investissement, si on n’a pas d’autofinancement, ça veut dire plus de dettes, plus d’emprunts.

    Musée Cocteau, palais de Carnolès, jardins à l’Unesco : ces projets ne seraient pas tous finançables selon-vous. Pourquoi ?

    Il faudra faire des choix. Elle pourra peut-être faire le musée Cocteau, mais pas tout le reste. Son programme était basé exclusivement sur la dépense. Quid de la création de l’Office public de HLM, ne serait-ce que pour devenir propriétaire du foncier ? Le doublement des places en crèche, cent quatre-vingts berceaux promis : comment on va le faire, à moins de privatiser ? Après les municipales, c’est la lune de miel. On verra dans un, deux, trois ans. Je pense qu’elle-même n’a pas conscience de la difficulté des enjeux qui l’attendent.

    Vous craignez des privatisations ?

    Sur du bâtimentaire, de l’organisationnel, de l’entretien, pourquoi pas. Mais quand il y a un service public à la clé, ce serait préjudiciable. Par rapport aux échos qu’on a du CCAS, que je connais très bien pour l’avoir vice-présidé longtemps, je crains qu’on soit tenté d’externaliser les services à la personne les plus coûteux, la crèche, le maintien à domicile, le portage des repas. On a besoin plus que jamais de services publics, de lien social.

    Vous vous présentez comme « le seul bloc cohérent d’opposition. » Les autres ne le sont pas ?

    On est le seul groupe d’opposition au complet. Le groupe de Sarkozy est absent pour moitié. Sur toutes les délibérations récentes, il a voté comme Madame Masson. Très offensif au début de la mandature, quelques mois à peine après, beaucoup moins.

    Le dialogue avec la majorité est-il possible ?

    La discussion se fait en conseil municipal, c’est notre quart d’heure de gloire, mais derrière, aucune commission préalable, aucun échange. Quand on veut s’adresser aux services, on nous dit : il faut absolument passer par le directeur de cabinet. Madame Masson devrait avoir l’intelligence d’ouvrir des instances de dialogue, pas juste avec ses élus qui lui servent de faire-valoir, mais avec des personnes qui apportent de la compétence, de l’expertise.

    Les sénatoriales approchent. Quelle est votre position ?

    Si vous voulez sortir de la querelle Estrosi-Ciotti à l’échelle du département, qui a beaucoup abîmé la politique locale, et vous porter sur un profil sérieux, en capacité d’agir au niveau de la majorité sénatoriale, Alexandra Borchio Fontimp est la meilleure candidate qui soit.

    Une liste plutôt tournée vers l’ouest du département…

    Ce n’est pas faux pour le maillage territorial. Elle-même le reconnaît. Mais quand vous voyez l’effacement politique de l’est, à part une candidate, il n’y a aucune personne de notre secteur sur une liste sénatoriale. Ça en dit long. La sénatrice sortante, Sandra Paire, n’a été reconduite ou voulue par personne. C’est bien d’avoir un représentant local, encore faut-il qu’il y ait une plus-value.

    Politique
    Romain Boisaubert

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